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Décret tertiaire 2026 : seuils, OPERAT, sanctions

Tout bâtiment tertiaire de plus de 1 000 m² doit déclarer ses consommations sur OPERAT avant le 30 septembre. Le « name & shame » est désormais effectif.

Publié le
18 février 2026
Temps de lecture
9 min de lecture
Auteur
Équipe Woltik
« Le décret tertiaire n'est plus une feuille de route — c'est une obligation déclarative annuelle avec sanctions à la clé. »

En bref

Le Dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET, ou « décret tertiaire ») impose à tout propriétaire ou locataire d'un bâtiment tertiaire de plus de 1 000 m² de réduire ses consommations d'énergie finale de −40 % d'ici 2030, −50 % d'ici 2040 et −60 % d'ici 2050. La trajectoire est suivie chaque année sur la plateforme OPERAT de l'ADEME, et les premiers manquements commencent à coûter cher.

Qui est assujetti

Le décret concerne tout bâtiment, partie de bâtiment ou ensemble de bâtiments à usage tertiaire dépassant 1 000 m² de surface de plancher. Bureaux, commerces, enseignement, santé, hôtels, restauration, logistique tertiaire — tous les secteurs sont concernés.

Les bâtiments mixtes ne sont concernés que sur leur part tertiaire si elle dépasse 1 000 m². L'obligation pèse à la fois sur le propriétaire bailleur et sur l'utilisateur (locataire ou occupant) : le bail détermine qui déclare quoi, mais les deux portent la responsabilité.

Les collectivités et l'État sont également assujettis, avec une exemplarité attendue sur les écoles, gymnases, équipements publics.

Deux objectifs au choix : relatif ou absolu

L'objectif peut être exprimé en valeur relative : −40 % en 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050, par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2019. C'est l'option la plus utilisée car elle permet d'ajuster à l'historique du bâtiment.

L'alternative est l'objectif en valeur absolue (Cabs), exprimé en kWh/m²/an par catégorie d'activité. Les seuils sont fixés par arrêté et dépendent du métier exercé dans le bâtiment.

Des modulations sont possibles (techniques, architecturales, économiques) — par exemple si le coût des travaux est disproportionné au regard du retour sur investissement énergétique. Elles doivent être justifiées et déposées sur OPERAT.

OPERAT : la déclaration annuelle avant le 30 septembre

Chaque année avant le 30 septembre, les assujettis doivent transmettre sur OPERAT leurs consommations d'énergie finale par énergie (électricité, gaz, fioul, réseaux de chaleur, etc.) de l'année N-1. La plateforme calcule automatiquement la consommation de référence modulée, la trajectoire et l'écart à l'objectif.

À l'issue de la déclaration, OPERAT génère une attestation numérique annuelle. Cette attestation peut être demandée par les commissaires aux comptes, les acquéreurs en cas de cession, ou les autorités de contrôle.

Sanctions : amendes et « name & shame »

En cas de non-déclaration ou de non-atteinte des objectifs, une mise en demeure est adressée. Si elle reste sans effet, une amende administrative peut être prononcée — jusqu'à 7 500 € par bâtiment pour les personnes morales, montant qui peut être répété si la situation n'est pas régularisée.

Plus structurant : la publication sur le « name & shame » du ministère. Les bâtiments en défaut apparaissent publiquement, avec un impact direct sur la réputation RSE des grands comptes et sur la valeur verte des actifs immobiliers (HQE, BREEAM, LEED).

Quels financements mobiliser

Les travaux finançables sont nombreux : isolation toiture-terrasse (BAT-EN-101), GTB (BAT-TH-116), éclairage LED (BAT-EQ-127), pompes à chaleur tertiaires, calorifugeage. Les CEE peuvent couvrir 20 à 40 % du coût d'investissement selon la fiche.

Côté financement complémentaire : Prêt Vert Bpifrance jusqu'à 5 M€ sur 10 ans, Fonds vert pour les collectivités, aides régionales (audit, accompagnement). Un audit énergétique tertiaire coûte 5 000 à 25 000 € HT selon la surface — souvent éligible au CEE BAT-SE-103.

À retenir

  • Seuil de 1 000 m² tertiaire par bâtiment ou ensemble.
  • Déclaration annuelle OPERAT avant le 30 septembre.
  • Sanctions jusqu'à 7 500 € par bâtiment + publication name & shame.
  • Choix entre objectif relatif (−40/50/60 %) et valeur absolue (Cabs).
  • CEE BAT-* et Prêt Vert Bpifrance pour financer la trajectoire.
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